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Rassegna Stampa
TITOLO: Vittorio Grigolo vient mater «Don Carlos» Testata: Tribune de Geneve | Autore: Sylvie Bonier | Del: 23-Giugno-2008
Ray Ban de séducteur, teint de vacancier, parfum de grande marque et mise de top-modèle: Vittorio Grigolo a tout du latin singer. Ceux qui s'aventureront sur son site internet pourront s'en convaincre...
Pourtant, ce ténor classique est déjà monté sur les grandes scènes avec les plus célèbres chefs et orchestres. Mais il rivalise aussi avec les crooners. Son disque Vittorio, in the hands of love l'a propulsé, à trente ans, en première ligne des chanteurs naviguant sans complexes entre tradition et crossover.
Le passage du classique au populaire serait-il une spécialité italienne, dont Pavarotti fut l'un des grands chantres?
Pas forcément, même si chanter ces deux répertoires est naturel en Italie puisque l'opéra, là-bas, prend beaucoup sa source dans la chanson populaire. Mais c'est une pratique aussi très courante dans les pays anglo-saxons, à travers le jazz et la comédie musicale. Je défends pour ma part le Pop Opéra, qui consiste à chanter naturellement rock, variété ou jazz, en étant formé au style et à la technique classiques, mais sans les imposer. A l'inverse, le Cross Over, c'est chanter de façon classique des pièces qui ne le sont pas. Je préfère le premier cas, et c'est ce que je réalise en composant moi-même les paroles et la musique de mes chansons et en les interprétant comme telles.
Vous sentez-vous un genre de missionnaire du chant sans frontières?
L'opposition du moderne à l'ancien ou du sérieux au léger n'a pas de sens pour moi. Il y a une émotion musicale à transmettre et à partager. Toucher le plus large public et pouvoir amener ceux qui n'ont pas accès à la musique d'opéra est une de mes vocations. L'aspect cathartique du lyrique, chant pur sans amplificateur, de ce truc phénoménal d'une violence affective folle, est fondamental et doit être valorisé. Le spectateur doit pouvoir retrouver sur scène les projections de sa propre vie, reconnaître ses sentiments profonds. C'est ça, l'opéra. Pas un musée!
Que représente pour vous l'archétype du ténor italien?
C'est celui qui ouvre la fenêtre sur le soleil. Il chante la joie de vivre. Il est la voix de la nature, de l'amour. Sur scène, c'est l'amoureux des femmes. On ne peut pas ne pas les aimer si on est ténor. Pour ma part, je me sens un peu sauvage, instinctif de nature. Le ténor italien va où le vent le porte. Facilité d'émission et surtout de phrasé, clarté de parole et de prononciation sont ses qualités de base. Il est un oiseau. Comment peut-on empêcher un oiseau de chanter?
On ne peut pourtant pas dire que Don Carlos est un oiseau insouciant... Comment abordez-vous ce rôle pour la première fois?
C'est vrai que c'est un personnage un peu larmoyant. Crépusculaire, comme les poètes romantiques. Il ne peut pas dire qu'il aime une femme. Mais combien d'êtres humains ne sont-ils pas dans ce cas? Qu'on chante l'amour ou son impossibilité, on reste toujours dans le registre sentimental. Pour ce rôle, je dois puiser chaque jour dans des régions différentes, passer de la force à la faiblesse, expérimenter des zones plus sombres. C'est comme dans ma vie, j'explore tout. Les échecs, le tennis, le foot, le ping-pong, la mode, le design, la photo, l'écriture... Demain, peut-être la mise en scène, pourquoi pas? Mais dans le genre Zeffirellien, car il ne détourne rien et porte la vie qui l'entoure sur le plateau. Il faut connaître le plus de choses possibles, sinon, on stagne et on risque de s'éteindre!
Don Carlos de Giuseppe Verdi. Grand Théâtre les 24, 26 et 28 juin à 20 h. Tel: 022 418 31 30.
Download allegato: 28585don_carlos_geneve_2008.pdf
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